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La surveillance - Un paradoxe... La surveillance - Un paradoxe...
by Newropeans-Magazine
2008-12-17 09:05:12
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En regardant Ripostes sur France 5, j'avais perdu, à un moment donné, la notion de l'espace. Je ne savais plus si je me trouvais en France ou en Roumanie. A vrai dire, j'aurais pu tout aussi bien me trouver en Allemagne, aux US, en Grande-Bretagne, ou dans je ne sais quel pays plus exotique.

Le sujet: "Filatures, barbouzes: attention danger?" On parle de fichiers policiers et politiques, d'officines privées, d'intelligence économique, du contrôle des renseignements... Tout cela m'était familier. L'un des invités lance cette conclusion universellement correcte: "il faut trouver un équilibre entre la sécurité et les libertés". 

En Roumanie, pays européen démocratique, la surveillance des citoyens n'a jamais faibli, bien au contraire, en prenant appui sur les moyens technologiques actuels, elle s'est amplifiée. J'ai eu l'occasion de réagir plusieurs fois contre les abus d'une surveillance qui est, bien entendu parfaitement légitime uniquement lorsqu'il s'agit de la sécurité de l'Etat. Mon destin personnel et professionnel entre la Roumanie et la France, et celui de mon fils entre la Roumanie, la France et les US n'ont absolument rien de menaçant à l'adresse de l'Etat roumain (nous sommes toujours citoyens roumains).

Je viens d'adresser une fois de plus une lettre au gouvernement roumain, au Ministère de l'intérieur et de la Réforme administrative (oui, c'est bien son nom...) pour signaler le viol et/ou l'arrêt de la correspondence que j'adresse depuis la France en Roumanie (Galati) aux proches qui me restent, ou que mon fils leur adresse depuis les US. L'écoute des téléphones est déjà de règle (Statul român a autorizat S.I.E. sã asculte fãrã mandat telefoanele românilor - une décision interne du Conseil Suprême pour la Défense autorise la mise sur écoute de toute personne et à tout moment, sans besoin de mandat, ainsi que le contrôle de toutes les communications sur Internet, en utilisant l'équipement le plus sophistiqué).

Bien que j'aie reçu la confirmation que ma pétition a été adressée au Ministère de l'intérieur, aux Service des renseignements, à la Poste nationale, et qu'elle sera traitée, je suis sûre que ma réaction est, une fois de plus, un coup d'épée dans l'eau, et que son unique bénéfice est celui d'avoir fait circuler également en bcc la lettre écrite en roumain et en français, en guise de témoignage.

Quelqu'un avec qui j'en parlais récemment remarquait que c'est justement dans un pays comme la Roumanie qu'il faut surveiller le citoyen ordinaire, c'est lui qui est potentiellement dangereux, et prenait l'exemple de l'Italie, où il arrive que la Mafia ait des accointances dans l'Etat, mais où elle ne se confond pas tout à fait avec l'Etat...

De toute manière, rien ne pourrait m'empêcher de considérer la réalité d'un regard lucide et surtout honnête, et de l'exprimer comme je peux. Il n'est pas question que de la Roumanie, malheureusement. Quand vous lisez que l'UE enjoint la Roumanie de dépenser 8 millions d'euros par jour afin que les fonds soient absorbés, et que vous savez fort bien qui et comment utilise cet argent, vous ne pouvez pas ne pas réagir, même si vous êtes un grain de sable qui croit toujours que la machine pourrait être enrayée (UE ordonã României: cheltuiþi 8 milioane de euro pe zi! ). La machine, ce n'est pas que la Roumanie, je répète, mais également l'institution mammouth qui verse des millions démocratiquement, sans se soucier vraiment de ce qu'il en est (d'accord, on en voit pire - les aides qui tombent dans le désert, et les villas des présidents sur la Côte, et leurs comptes ailleurs, pendant que la démocratie se règle à la machette...etc, etc.).

En réfléchissant les yeux ouverts sur la marche de notre monde, j'affermis ma conviction que la justice et l'intégrité peuvent exister, mais seulement au niveau de l'individu dans la structure, et non pas au niveau des institutions. C'est-à-dire, à un moment donné, c'est un individu qui dit non ou oui à quelque chose, et c'est ce qui permet, d'ailleurs à la conscience de ne pas disparaître complètement du monde, et de faire avancer imperceptiblement mais constamment la pointe d'un triangle ou d'une pyramide imaginaire dont la base serait l'humanité, au sens large. J'ai de plus en plus le sentiment de vivre dans un monde où c'est la contre-façon de la démocratie qui a cours, en tout cas dans un monde fait de mots mais d'où le contenu s'est retiré..

Donc, des idées peuvent être dangereuses et leurs porteurs surveillés, fichés, etc... Mais les milliards désincarnés qui se baladent et qui destabilisent la planète? Comment passent-ils inaperçus? Comment ne voit on rien venir, malgré tous les systèmes de surveillance, contrôle, fichage, qui prolifèrent pour notre meilleure protection?

Une chose me touche, m'amuse, et me fait de la peine en même temps: regarder les grands de la petite planète pris de panique responsable et trouvant refuge dans les valeurs morales, maintenant, avant que tout ne s'effondre complètement. On commence à parler plus ouvertement de l'opacité de la finance, des salaires en millions... Une figure attachante, Soeur Emmanuelle, est partie définitivement, à presque 100 ans, après une vie qu'elle avait dédiée, à sa manière, à une certaine justice sociale. Evidemment, elle avait la foi en Dieu, mais aussi en l'homme. Je crois toujours que pour l'avoir, il faut obligatoirement une bonne dose d'exaltation qui accompagne la lucidité. Après tout, pourquoi faut-il qu'il existe de tels destins singuliers, comme l'Abbé Pierre, Mère Teresa, Soeur Emmanuelle, ou d'autres, qui soient habités par l'idée de justice et la mettent en pratique avec leurs faibles moyens, alors que nos sociétés sont pourvues de gouvernements, de responsables disposant logiquement de tous les outils???

Je m'aperçois que j'ai écrit deux fois le mot "responsable". C'est le mot-clé présent dans toute rhétorique ces dernières semaines, et mon subconscient s'en ressent. Ce mot aura-t-il le pouvoir de créer la réalité de ce qu'il désigne?

Les médias trouvent le bon moment pour revisiter le sujet des paradis fiscaux, en citant les plus connus: la Suisse, Monaco, Luxembourg- la liste est bien plus longue. Je me rappelle que le Premier Ministre du Luxembourg, également ministre d'Etat, ministre des Finances, est aussi le Président permanent de l'Eurogroupe (qui réunit les ministres des finances des pays de la zone euro), et que c'est l'Eurogroupe qui s'est présenté au chevet des banques européennes et a proposé le plan de sauvetage. Sur Google on vous propose ce lien commercial: "Profitez des avantages particuliers de la fiscalité du Luxembourg! Bienprevoir.fr/Fiscalite-Luxembourg Provence Alpes Côtes d'Azur". 

C'est quoi déjà un paradoxe?

Carmen Lopez*

Nice - France


*Carmen Lopez est née en Roumanie et réside en France depuis 1997. En 2007 elle créé CEFRO (www.cefro.fr), Conseil -Echange - Formation, micro- structure de Conseil bilingue français-roumain, spécialisée dans le traitement d’information et dans la formation continue tout au long de la vie. - Visitez son blog: http://elargissement-ro.hautetfort.com


    
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