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Elections Américaines: Country First Elections Américaines: Country First
by Europe & Us
2008-09-20 09:31:13
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C’est un slogan qui en dit long sur le changement de ton de la campagne républicaine. Paradant désormais en caractère gras sur tous les écriteaux de campagne, la nouvelle formule de ralliement associée au ticket McCain-Palin pourrait bien éclipser le fameux thème du changement sur lequel Barack Obama a bâti sa campagne.

europeus«Country First», c’est tout d’abord une réponse au succès de la tournée de Barack Obama en Europe. Le candidat démocrate est peut-être un « citoyen du monde », comme il l’a mentionné à Berlin, John McCain sera le président de l’Amérique, répond le camp républicain. Preuve s’il en est que les thèmes de politique étrangère continuent de ne pas remporter l’adhésion dans les campagnes présidentielles américaines et qu’un succès européen n’est pas gage de réussite en Amérique. Loin s’en faut. Une leçon que John Kerry, candidat malheureux de la campagne 2004, dut apprendre à ses dépens et qui contrairement aux attentes européennes aura peut-être rendu Barack Obama davantage vulnérable aux attaques républicaines.

Avec la caricature du candidat démocrate présenté comme une célébrité et peu flatteusement associé au monde des paillettes et du show business, c’est la personnalité du sénateur de l’Illinois qui est prise pour cible depuis la fin du mois de juillet. Une stratégie qui, si elle n’élève guère le débat démocratique, a l’avantage de déformer l’image policée d’Obama à peu de frais avec par ailleurs l’impact médiatique maximal que la mise en ligne sur internet permet désormais. Plaçant le camp démocrate sur une défensive régulière et imposant à Barack Obama de s’aligner sur le mode accusation – réfutation, cette stratégie offre à John McCain une certaine maîtrise du calendrier électoral puisque le camp républicain coordonne avec force efficacité le timing de ses attaques. Elle offre aussi dans une certaine mesure au sénateur de l’Arizona une mainmise sur la tonalité de la campagne, davantage placée sur le registre personnel que sur les questions de fond.

« Country First », c’est dans le même temps une vision de l’Amérique qui répond aux aspirations d’une vaste partie de l’électorat. Rassurante, la formule englobe avec concision une promesse de programme à l’écoute des inquiétudes d’une Amérique désormais méfiante envers la mondialisation, soucieuse de son pouvoir d’achat et de la crise financière et qui après sept années de guerre, semble plus que jamais incline à renouer avec l’insouciance de la paix et de la prospérité – sous-titres du slogan McCain.

Comme toutes les formules courtes, les devises des partis politiques se veulent avant tout rhétoriques, indiquant davantage le cap de la campagne qu’une réelle indication sur le programme censé répondre à ces promesses. Mais parce qu’ils ont atteint leur cible, certains slogans de campagne sont néanmoins restés dans les mémoires, comme le fameux « New Deal » de F.D. Roosevelt en 1932 ou encore le « Are you better off than you were four years ago? » utilisé par Ronald Reagan contre le président sortant Jimmy Carter en 1980.

Malgré sa popularité actuelle, le thème du changement n’est pas propre à Barack Obama. Richard Nixon avait avant lui axé sa campagne de 1960 sur la trame de l’avenir avec le slogan « For the future ». En 1984, Walter Mondale avait quant à lui sillonné l’Amérique sur le thème « America Needs a Change ». Un terrain qui ne fut guère favorable à ces deux candidats et qui si l’on se réfère aux courses à la Maison Blanche précédentes pourrait offrir à McCain de favorables perspectives pour le mois de novembre. Utilisés avec succès par Dwight Eisenhower en 1956 les thèmes de la paix et de la prospérité, ainsi que celui de la primauté de la population américaine (en 1992, les affiches de Bill Clinton portaient la mention « Putting People First »), peut-être plus concrets, ont portés ces candidats aux portes de la Maison-Blanche.

Pourtant, le slogan républicain incite à l’interrogation. « Le pays avant tout » diffère en cela du slogan de Clinton qu’il donne de l’extérieur des frontières américaines une vision relativement dogmatique de l’Amérique de John McCain. Progressivement plus idéologiques, les discours du sénateur de l’Arizona se ponctuent désormais plus souvent par des accents pugnaces et belliqueux, peu éloignés des remarques émises par les faucons et les néoconservateurs présents dans l’entourage de la première administration Bush.

Le parcours personnel et politique de John McCain conduit à penser que ce candidat de poigne, prompt à transcender les lignes partisanes et à s’opposer à son propre camp à de multiples reprises devrait s’il était élu poursuivre le même engagement collégial et bipartisan. Pour autant, les rapprochements du sénateur de l’Arizona avec la droite de son parti – nomination de Sarah Palin, choix de conseillers proche du courant néoconservateur, tentatives de séduction envers la base de l’électorat républicain, fortement conservateur – offrent de John McCain une image de va-t-en-guerre bien éloignée de sa réputation d’anticonformiste et d’adepte du franc parler.

Une chose est certaine : John McCain a tiré cette année les enseignements de sa défaite de 2000 lorsqu’il fut sévèrement battu par George W. Bush lors des primaires républicaines à la suite d’attaques ciblées qui furent fatidiques à sa campagne. En recourant aux stratégies de campagne négative qui ont offert la victoire au parti républicain lors de ces deux dernières élections et en offrant de multiples concessions à la base conservatrice de son parti, John McCain s’approprie une stratégie qui a fait ses preuves et a permis dans le même temps à sa campagne de rebondir magistralement depuis la fin du mois d’août. Une manœuvre certes payante mais qui sied difficilement au sénateur « maverick» dont l’image perd désormais en authenticité.

John McCain a-t-il changé ? A la lumière des derniers mois, la tentation est relativement forte de tirer cette conclusion. Dans les semaines qui viennent cependant, le sénateur de l’Arizona devrait être amené à recadrer ses positions et rectifier au moins en partie sa posture. Après un grand virage à droite ayant permis de rétablir la confiance d’une base jusqu’alors dubitative, le nominé républicain devrait dans un second temps tenter de convaincre les électeurs indécis de la mouvance centriste de ses capacités à gouverner au nom de tous les Américains.

John McCain saura-t-il revenir au centre de l’échiquier politique sans y perdre en crédibilité ? Ce sera là sans doute l’une des difficultés à venir de la campagne républicaine. Dans le reste du monde, un tel retournement est pour le moins souhaité, au risque de voir réapparaître en filigrane à travers « l’Amérique d’abord » l’empreinte d’une nouvelle administration Bush en gestation.


Catherine Croisier, est chercheur au Centre d’Etudes Transatlantiques

    
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Comments(1)
Get it off your chest
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Emanuel Paparella2008-09-20 11:58:21
En effet, McCain étant un " ; maverick" ; tourne la table car il lui est commode. Il fera n'importe quoi obtenir élu. Il avait attendu une crise internationale sur l'étape de la crise internationale. Il a obtenu un mais non un à son aimer : une crise économique qui montrera ses vulnérabilités. Cependant, les républicains peuvent toujours créer encore et peut-être pour commencer une guerre avec l'Iran. Qui vivra verra.


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