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Le Reve Brise d'Hillary Clinton Le Reve Brise d'Hillary Clinton
by Europe & Us
2008-08-28 08:24:00
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En prenant pour colistier le sénateur du Delaware Joe Biden, Barack Obama a définitivement anéanti le rêve de ceux qui nourrissaient encore l’espoir d’une seconde place pour Hillary Clinton. A la veille de la convention de Denver, les partisans d’Hillary Clinton se divisaient encore sur le choix du candidat démocrate.

europeusBien avant le résultat final des primaires, et malgré ses victoires de début juin à Porto Rico et dans le Dakota du Sud, le chapitre de la campagne d’Hillary Clinton à l’investiture démocrate touchait à sa fin. Si nul parmi l’équipe de campagne et les fervents supporters de l’ancienne Première Dame n’osait encore l’avouer publiquement, l’avance de Barack Obama en termes de délégués indiquait depuis de longues semaines déjà la défaite annoncée du camp Clinton. Jusqu’à hier cependant, beaucoup dans le camp d’Hillary Clinton espéraient encore que le nominé démocrate choisirait la sénatrice de New York pour le ticket présidentiel. Nouvel et dernier espoir déçu.

La double défaite d’Hillary Clinton dans sa quête de la Maison-Blanche et de la vice-présidence sonne le glas d’une campagne à la fois âpre et historique. De candidate annoncée comme incontournable il y a à peine plus de huit mois à son abandon, concédé le 7 juin dernier, la sénatrice de New York s’est imposée, en dépit des échecs, comme une femme d’envergure sur la scène politique américaine. Face à l’enthousiasme soulevé par Barack Obama et l’espoir de changement suscité par sa candidature, rares sont les candidats qui auraient pu se prévaloir de tenir la distance. Avec près de 18 millions de voix récoltées pendant la campagne des primaires et l’obtention de la majorité du vote populaire, Hillary Clinton aura relevé un défi sans nul doute insurmontable pour un grand nombre de vétérans talentueux et chevronnés issus de la classe politique américaine.

Chaotique, tonitruante, passionnelle, acrimonieuse, certains ne voudront peut-être retenir de la campagne de l’ex Première Dame que les moments les moins flatteurs où la politique politicienne reprenant ses droits sur les débats policés et les accolades d’apparat, les attaques et coups bas menacèrent d’écarteler l’électorat et de saborder un parti en marche pour une victoire promise à la Maison-Blanche. Dernière en date, la bévue de la candidate au mois de juin dernier évoquant l’assassinat de Bob Kennedy à la veille de la convention démocrate de 1968. Une réflexion largement comprise comme une mise en garde envers des super délégués appelés à désigner un candidat susceptible de connaître le même sort tragique. A grand renfort de médias, les impairs, inexactitudes et maladresses de la sénatrice de New York et de son époux auront défié la chronique de cette campagne pour l’investiture au parti démocrate. Pourtant, malgré des erreurs stratégiques importantes et des remarques au vitriol menaçant de briser l’harmonie dans un climat favorable à l’alternance politique, la sénatrice de New York aura conduit sans faillir une campagne à la fois longue et difficile.

La présence périlleuse de Bill Clinton fut une difficile gageure à laquelle Hillary Clinton se dut de répondre. Dans un premier temps trop marquée et menaçant de faire ombrage à la candidate, la compagnie de l’ancien président américain devint rapidement  incommodante après les élans d’humeur et la campagne agressive de la fin du mois de janvier valant à la candidate la défection immédiate et sans ambages du vote afro-américain. Outre les tensions initiales entre la candidate à l’investiture démocrate et Barack Obama, l’ombre de Bill Clinton aura certainement pesé lourdement sur le choix du colistier sélectionné par le nominé démocrate.     

Au soir de sa seconde défaite, le bilan demeure donc contrasté. L’épouse de l’ancien président des Etats-Unis a fait la preuve, si besoin en était après son parcours remarqué en tant que sénatrice de l’Etat de New York, qu’elle pouvait manœuvrer seule une campagne présidentielle et se faire apprécier d’un large public pour ses qualités intrinsèques et sa résonance personnelle. Nul doute cependant qu’une grande partie de l’Amérique n’ait imaginé voir la Maison-Blanche dirigée par le couple Clinton et non la seule candidate si cette dernière avait été élue. Et l’on comprend encore davantage les réticences de Barack Obama à choisir pour colistière une candidate escortée par un ancien président des Etats-Unis. Bien que démarquée de son époux, Hillary n’en demeure pas moins victime de l’ombre de Bill, même si elle sut tirer profit des réseaux et soutiens de l’ancien président pour mener à bien sa campagne.

Il serait cependant erroné d’imputer à Bill Clinton la majeure partie de cet échec. Les tensions au sein de l’équipe Clinton, marquées par les démissions de la directrice de campagne Patti Solis Doyle en février puis du stratège et sondeur Mark Penn en avril, n’auront guère favorisé la campagne de la sénatrice américaine. Divergeant sur la méthode à employer après la défaite d’Hillary Clinton dans l’Iowa, où la candidate ne parvint qu’à la troisième place derrière Barack Obama et John Edwards, et sur le sursaut des électeurs qui lui offrirent une courte victoire lors de la primaire du New Hampshire (1), les stratèges du camp Clinton s’opposèrent notamment sur l’importance de privilégier l’offensive ou de permettre à la sénatrice de mettre en avant ses qualités humaines, à un moment où l’on faisait grand cas du côté froid et impersonnel de sa candidature.

Soucieuse de se présenter sous les traits d’un «Commander in Chief» énergique, Hillary Clinton aura peut-être trop longtemps privilégié le costume politique au détriment de sa personnalité. L’image de la candidate émue par son échec dans l’Iowa et prête à s’épancher permit d’entrevoir un temps un visage plus humain d’Hillary Clinton, une sérénité que la candidate ne parvint à retrouver qu’au moment où les jeux semblaient faits. Accusée dans les médias de bien des maux, au premier rang desquels une ambition dévorante et calculatrice, et après une vie politique sous le feu des projecteurs, minée par l’opposition républicaine du milieu des années 90 et les scandales de la présidence Clinton, l’ex-Première Dame des Etats-Unis  semble avoir endossé une carapace difficile à remiser, même devant un parterre de supporters acquis à sa cause. Les attaques parfois teintées de misogynie dont elle fut l’objet – dont le fameux « repasse ma chemise », qui encouragea sa fille Chelsea à s’engager à ses côtés, est une illustration parmi d’autres- poussèrent certainement la candidate à ne jamais baisser la garde et conserver une attitude plus protocolaire rompant douloureusement avec la décontraction et l’aisance de son opposant.

Ce n’est cependant pas au fait qu’elle est une femme qu’Hillary Clinton doit sa défaite électorale. Bien que soutenue par une proportion importante de l’électorat féminin, la sénatrice de New York a récolté dans le même temps un pourcentage élevé des votes hispaniques et des cols bleus, tous sexes confondus. Dans le même temps, Barack Obama, bénéficiant notamment du ralliement d’Oprah Winfrey dès le mois de décembre 2007, a su rallier à lui les voix d’électrices plus jeunes, prouvant par là-même que la campagne démocrate n’était pas polarisée sur la question des sexes au même titre que le clivage communautariste mis en évidence lors de la campagne. Et si Barack Obama est parvenu à s’imposer comme le candidat de l’électorat afro-américain avec près de 90% du vote noir, Hillary Clinton a réussi tout au plus à rassembler une majorité avoisinant les 60% du vote féminin. 

Bien que la défaite d’Hillary Clinton constitue un échec pour de nombreuses femmes ayant appelé de leurs voeux l’élection de la première présidente ou vice-présidente des Etats-Unis, une majorité des électrices démocrates ayant soutenu sa candidature devraient en tout état de cause reporter leurs voix sur le sénateur de l’Illinois lors de l’élection de novembre. Un sondage mené mi- juillet par le Pew Research Center établit ainsi que le candidat démocrate dispose du soutien de la majorité du vote féminin -51% contre 37% pour John McCain- un pourcentage en constante progression depuis le mois de mai et qui place Barack Obama en tête des candidats à la présidence les plus appréciés de ce segment de la population américaine (2).

Barack Obama devra cependant continuer d’œuvrer pour rallier à lui l’ensemble des électrices d’Hillary Clinton,  John McCain s’étant en effet positionné dès l’abandon de la sénatrice de New York auprès de l’électorat féminin de l’ancienne candidate. Rendant hommage à la campagne de son adversaire, John McCain avait lourdement insisté sur les grandes qualités d’Hillary Clinton et sur les critiques acerbes des médias dont elle fut la victime. Un témoignage de respect, certes, mais avant tout une stratégie visant à rallier à lui un électorat composé de «soccer moms» (3) et de femmes d’âge mûr particulièrement sensibles à la défaite de leur candidate et dont la déception pourrait les amener à bouder le candidat à l’origine de sa défaite. Une tactique gagnante puisque le nominé républicain rallie à lui près de 42% des électrices démocrates âgées de 65 ans et plus contre 35% pour Barack Obama. Restent 23% de ces électrices à ce jour indécises que les deux prétendants cherchent à reconquérir.

S’offre à présent un nouveau choix stratégique pour le candidat républicain, celui de nommer une femme en tant que colistière, une tactique permettant non seulement au sénateur de l’Arizona d’empiéter un peu plus sur le terrain électoral de son adversaire mais également de projeter l’image hautement symbolique de l’ouverture et du changement pour le GOP à l’heure où l’Amérique se projette vers l’avenir et souhaite faire table rase des années Bush. Bien qu’à ce jour les indicateurs placent l’ancien gouverneur du Massachusetts Mitt Romney comme favori, un certain nombre de femmes comme la sénatrice du Texas Kay Bailey Hutchinson, la jeune et conservatrice gouverneur de l’Alaska Sarah Palin ou bien encore la sénatrice de Caroline du Nord Elizabeth Dole pourraient offrir à John McCain un nouveau tremplin dans une campagne qui s’annonce à ce jour serrée.

Côté démocrate, Hillary Clinton a déployé une grande énergie pour soutenir son ancien rival et contribuer à réunifier le parti démocrate malmené par la campagne des primaires, comme elle s’y était engagée en se ralliant dans un message sans équivoque à la candidature de Barack Obama quelques jours à peine après sa défaite. A la suite du meeting conjoint dans la symbolique ville du New Hampshire Unity, à la fin du mois de juin, Hillary Clinton a entrepris de nombreux voyages, notamment dans les «battleground states», (états clés) et participé à la collecte de fonds du candidat démocrate en réunissant les soutiens qui lui étaient préalablement acquis. Le nouvel appel de l’ancienne Première Dame à son public de supporters à reporter leur soutien derrière B. Obama, à l’annonce de la nomination de Joe Biden au rang de colistier, témoigne de la poursuite de son engagement.

De son côté, Obama a demandé à ses donateurs principaux d’aider la sénatrice de New York à liquider sa lourde dette de campagne d’un montant de 22 millions de dollars. Autres pas en faveur de l’apaisement, l’espace accordé au couple Clinton lors de la Convention de Denver puisque les deux grandes figures du parti démocrate délivreront chacune un discours et la possibilité pour les délégués d’Hillary Clinton de voter pour leur candidate. Si cette dernière mesure demeure symbolique, puisqu’il reviendra à la sénatrice de New York d’octroyer dans un second temps ses délégués au nominé démocrate, elle n’en permet pas moins de rendre hommage aux 18 millions d’électeurs acquis au camp Clinton. Une «catharsis» souhaitée par Hillary Clinton quelques jours après la déception de ceux qui attendaient sans trop y croire une place de colistière pour leur candidate favorite.

Passées la contrariété et la peine, le choix de Joe Biden, sénateur du Delaware devrait permettre de rassembler la plus grande partie des démocrates et de nombreux indépendants derrière le ticket présidentiel. Même si l’amertume continue de se lire parmi les loyalistes de Clinton qui jugent durement Barack Obama pour n’avoir jamais donné l’impression de véritablement songer à choisir son ancienne rivale comme colistière  et hésitent à 20% selon les derniers sondages à voter en faveur du parti démocrate, le choix très sûr de Joe Biden devrait permettre de combler les faiblesses du nominé démocrate au sein de l’électorat en col bleu – acquis à Hillary Clinton - et parmi les plus rétifs à son manque d’expérience en politique étrangère.

S’il est désormais peu probable que l’ancienne Première Dame se représente pour une élection présidentielle, il semble acquis que la candidate démocrate aura ouvert la voie à d’autres femmes sur le chemin de Pennsylvania Avenue. La campagne présidentielle 2008 restera assurément dans les esprits comme celle du changement.

Catherine Croisier, est chercheur au Centre d’Etudes Transatlantiques
 
* * * * *

(1) Clinton n’a emporté que de trois points la victoire dans l’Etat du New Hampshire, avec 39% des voix contre 36% pour Barack Obama.

(2) Juliana Menasce Horowitz, Should Women Worry Obama? Pew Research Center for the People & the Press, 17 juillet 2008

(3) Terme englobant les femmes de la classe moyenne, résidantes des banlieues américaines.

     
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Comments(1)
Get it off your chest
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Emanuel Paparella2008-08-28 11:54:22
Cette élection est pour que Democrats perdent. Malheureusement ils peuvent de nouveau extraire la défaite hors des mâchoires de la victoire. Espérons-les ont appris leur leçon cette fois autour.


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