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Elections Americaines: En Attendant Edwards... Elections Americaines: En Attendant Edwards...
by Europe & Us
2008-02-25 09:35:45
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En se prononçant en faveur d’Hillary Clinton ou de Barack Obama, John Edwards, candidat deux fois malheureux aux primaires démocrates aurait sans doute le pouvoir d’influer profondément sur l’issue du farouche duel que se livrent sans relâche les deux candidats à l’investiture du parti de l’âne. L’ancien sénateur qui a quitté la course au lendemain de la primaire de Caroline du Sud est resté jusqu’à présent muet sur ses intentions de vote, à l’instar de l’ex-gouverneur du Nouveau Mexique Bill Richardson autre prétendant démocrate à la Maison-Blanche. Mais plus que n’importe quelle autre grande figure démocrate ou populaire, c’est la parole de l’ancien colistier de John Kerry à l’élection présidentielle 2004 qui est désormais la plus sollicitée et la plus attendue.

europeusUn grand nombre de personnalités se sont à ce jour regroupées autour de la candidature de l’un ou l’autre des deux grands favoris démocrates. Parmi les plus notables, il y eut tout d’abord le soutien d’Oprah Winfrey à la veille du lancement des primaires, qui permit d’offrir un retentissement spectaculaire et une forte médiatisation de la campagne de Barack Obama. La famille Kennedy a également joué un rôle central en accordant au sénateur de l’Illinois l’héritage de John Fitzgerald Kennedy, une distinction à la fois unique et hautement honorifique. Pourtant, l’endorsement ne fait pas nécessairement l’élection, comme en a témoigné la défaite d’Obama dans la primaire du Massachusetts.

En quoi le soutien d’Edwards pourrait-il à ce titre être différent ? Contrairement aux différentes marques de sympathie et ralliements de familles politiques, médiatiques, populaires ou religieuses, le choix de John Edwards serait celui d’un candidat qui fut en course pour la Maison-Blanche et pour lequel nombre d’électeurs des premiers caucus et primaires ont décidé de voter. Ceux qui voyaient en Edwards un président potentiel auront sans doute à cœur de voter pour le candidat auprès duquel il se rallierait.

A l’inverse, côté républicain, les parrainages des anciens candidats ne se sont pas fait attendre. Au lendemain de sa défaite en Floride et de l’annonce de son abandon, Rudy Giuliani annonçait qu’il se ralliait à la candidature de John McCain. Avec une dizaine de jours d’écart, c’est à présent Mitt Romney qui apporte son soutien à son ancien rival. Comment comprendre alors le silence qui perdure dans les rangs démocrates ? Dans un premier temps, le soutien apporté à John McCain, même s’il a son importance, demeure symbolique et relativement plus aisé. Le sénateur de l’Arizona est devenu le favori évident de la campagne républicaine et n’a plus rien à craindre désormais de l’ancien gouverneur de l’Arkansas Mike Huckabee, encore en lice. En rejoignant John McCain,Romney et Giuliani s’inscrivent donc en force en faveur du seul candidat du GOP capable de maintenir le parti au cœur de l’Exécutif américain en 2009. A l’heure où John McCain tente de rassembler autour de lui la base conservatrice qui lui fait défaut, Mitt Romney (mais également plus indirectement le président Bush) tentent de rassurer l’électorat conservateur et d’unifier l’ensemble des républicains en vue de l’élection générale de novembre.

Pour les anciens candidats des primaires démocrates, le ralliement est plus délicat puisqu’il leur faut choisir entre deux candidats à ce jour tous deux présidentiables. Rentre ici en ligne de compte le calcul politique d’un tel engagement –avec à la clé ou non, un poste potentiel dans la future administration. Le silence prolongé de John Edwards pourrait donc se comprendre à l’aune de cet enjeu. Actuellement très courtisé par les deux candidats, Edwards espère très certainement négocier un accord qui lui soit favorable.

En quittant la course, Edwards s’est assuré que les thèmes qui lui étaient les plus chers, comme la lutte contre la pauvreté, seraient inscrits dans les programmes d’Hillary Clinton et de Barack Obama. La crainte de récession aux Etats-Unis a par ailleurs mis en avant l’économie comme problématique principale de l’élection, désormais bien devant la guerre en Irak, incitant les candidats démocrates à développer d’autant plus des thématiques telles que l’emploi, la couverture sociale et le rôle d’assistance du gouvernement, dont John Edwards avait fait sa marque de fabrique. Pourtant, si les deux candidats reprennent en cœur le slogan edwardien de l’accroissement des inégalités et des deux Amériques c’est d’Obama, qu’Edwards a toujours semblé le plus proche, faisant l’éloge du changement incarné par le candidat de l’Illinois et critiquant le corporatisme d’Hillary Clinton tout au long de la campagne des primaires.

Edwards espère-t-il être choisi comme colistier de l’un ou l’autre candidat ? Même si tout reste possible, il est difficile d’imaginer Hillary Clinton choisissant l’ancien sénateur de Caroline du Nord dans son ticket présidentiel, la raison première étant le manque de sympathie réciproque que se témoignent ces deux personnalités politiques. Côté Obama, les affinités personnelles seraient plus nombreuses, du moins de la part de John Edwards, mais il reste à savoir si ce dernier ferait le colistier idéal du sénateur de l’Illinois. Les différences politiques qui existent entre ces deux hommes, Obama étant un candidat proche du centre, Edwards étant beaucoup plus libéral, pourraient rallier l’électorat plus à gauche de l’échiquier politique – et qui actuellement soutient la candidature de Clinton - à Barack Obama. Cette stratégie serait gagnante pour Obama au niveau des primaires mais pas nécessairement pour l’élection de novembre où les candidats présidentiels se rapprochent généralement du centre afin de convaincre le plus grand nombre possible d’électeurs.

L’origine sudiste d’Edwards pourrait être un atout pour Obama de même que pour Hillary Clinton, les deux candidats en campagne étant tous deux issus de la côte est et du nord des Etats-Unis. Le fait qu’Edwards soit à la fois un homme et de race blanche viendrait également contrebalancer le changement radical que ne souhaitent pas nécessairement tous les démocrates et indépendants modérés. Mais d’autres paramètres entrent en jeu, comme l’âge et l’expérience : Edwards a 54 ans, Barack Obama, 46 : un ticket qui incarnerait assurément la jeunesse mais qui souffrirait peut-être d’un manque de crédibilité pour un poste qui nécessite une grande habileté et un certain vécu. Aux côtés de John Kerry, Edwards apportait le dynamisme et la fraîcheur de la jeunesse. Barack Obama, qui incarne déjà ces valeurs, recherchera certainement dans son colistier un homme ou une femme reflètant l’expérience et le savoir-faire.

Edwards joue actuellement le tout pour le tout en faisant patienter longuement ses deux anciens rivaux démocrates. Après sa deuxième défaite électorale et le camouflet infligé par John Kerry qui préféra accorder son soutien à Barack Obama plutôt qu’à son colistier de 2004, l’ancien sénateur de Caroline du Sud voit son avenir politique sérieusement entamé, ayant abandonné toutes ses fonctions en faveur de sa quête présidentielle. A Washington D.C. on murmure que le poste de ministre de la Justice pourrait lui revenir en cas de victoire démocrate à l’élection présidentielle. Pour se faire, Edwards devra faire preuve de discernement en se déclarant au plus tôt pour l’un ou l’autre candidat s’il ne veut pas laisser passer le moment de levier politique que son statut lui confère encore à ce jour.

Catherine Croisier est chercheur associée au Centre d’Etudes Transatlantiques


   
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Comments(1)
Get it off your chest
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Emanuel Paparella2008-02-25 11:44:20
Dans la politique américaine la réalité est plus étrange que la fiction. Entrez dans Ralph Nader de nouveau.


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