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Elections Americaines: Dr. Rudy Et Mr. Giuliani Elections Americaines: Dr. Rudy Et Mr. Giuliani
by Europe & Us
2007-11-29 10:02:20
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Il est des images fortes, qui ponctuent les époques et confèrent à des événements une dimension historique, inébranlable, gravée dans les mémoires collectives. Il est des catastrophes, qui placent sur le devant de la scène de nouveaux héros modernes, qui deviendront les icônes d’une nouvelle génération. Rudolph Giuliani est de ces hommes. Les images de sa détermination à porter secours aux victimes du World Trade Center ont fait le tour du monde et attribué à l’ancien maire de New York une portée internationale.

europeus L’Amérique est friande de héros nationaux. Bien éloignée à cet égard d’une France qui se méfie et se détourne parfois de ses symboles érigés en fierté nationale - comme en a témoigné la controverse autour de la lecture de la lettre de Guy Moquet- la nation américaine s’émeut et vibre autour de ces porte-étandards qui contribuent à la grandeur de l’Amérique en ses frontières et au-delà.

Héros du 11 septembre, Giuliani s’est forgé une aura toute particulière dans la classe politique américaine, à la hauteur des événements tragiques qui ont ébranlé le pays. Intronisé homme de l’année 2001 par le magazine Time, Giuliani bénéficiait, il y a encore peu, de près de 80% d’opinions favorables parmi l’ensemble de la population américaine, une ferveur populaire l’ayant tout naturellement conduit à présenter sa candidature au plus haut rang de l’édifice du pouvoir américain.

Malgré la longue liste des prétendants républicains à l’investiture du parti et les nombreuses zones d’ombre qui ont affecté le GOP, le mythe Giuliani perdure au fil d’une campagne ayant débuté il y a presque douze mois. En tête des primaires républicaines et crédité de 40 % d’opinion favorable parmi les indépendants, Giuliani a conquis le cœur d’une Amérique souvent plus modérée, impatiente de tourner la page des années Bush et particulièrement sensible au caractère peu conventionnel d’un candidat républicain aux mœurs progressistes.

Pourtant, l’ancien maire de New York est un homme aux multiples visages. Modéré sur les questions morales, il n’en est pas moins un conservateur affirmé sur tous les sujets relatifs à la sécurité. Numéro trois au ministère de la Justice sous l’administration Reagan, il s’est fait connaître notamment par son énergie à mener la lutte contre le crime organisé dans les années 80 et à réprimer la délinquance en col blanc. Son bilan à la mairie de New York - où il fut le premier républicain élu depuis 1965- met en avant les succès de sa politique répressive en matière de criminalité et la baisse des infractions recensées. Mais ce sont encore davantage les prises de positions du candidat républicain sur les questions de sécurité nationale et de politique étrangère qui le situent en en miroir inversé de l’image libérale qui lui est fréquemment attribuée.

Loin d’évoquer une potentielle présidence marquée par le retour des Etats-Unis dans le giron multilatéraliste, Giuliani s’enferre en effet dans une prolongation du premier mandat des années Bush, fort d’un programme aux accents résolument néoconservateurs. Menaces envers l’Iran, coalitions de circonstances, longue guerre contre le terrorisme, dénonciation d’un islamofascisme, nouvel accroissement du budget de la défense, réitération du droit de guerre préventive, Giuliani reprend tour à tour les grands thèmes de sécurité qui ont marqué les sept dernières années d’administration républicaine en y ajoutant une pointe de cynisme, et parfois d’hubris, envers les institutions et la communauté internationale.

En 2000, Bush s’était prononcé sur l’état des relations américaines avec le reste du monde en précisant : «Si nous sommes une nation arrogante, il y aura du ressentiment envers nous, si nous sommes une nation humble mais forte, nous serons bien accueillis.». Une promesse de campagne qu’il ne sut tenir et qui malmena gravement la perception de l’Amérique dans le reste du monde. Giuliani semble prêt à faire l’impasse sur une image que les candidats de tous bords autour de lui annoncent vouloir restaurer, et continue de placer, comme ce fut le cas en 2004 avec G.W. Bush, la sécurité des Etats-Unis au cœur de son projet.

En l’absence de candidats plus fédérateurs, Giuliani demeure à ce jour le seul candidat du GOP à pouvoir faire front contre la sénatrice de New York en dépit d’un décrochage progressif qui lui vaut aujourd’hui de perdre la bataille finale selon tous les sondages effectués. Jouant de son statut d’unique présidentiable dans les rangs républicains et du sentiment «Anyone But Clinton» (n’importe qui sauf Clinton) à même de mobiliser des électeurs républicains peu enthousiasmés par sa candidature, Giuliani continue de se démarquer dans les médias et attaque désormais directement sa rivale démocrate dans un duel présidentiel qui lui semble déjà acquis, quand bien même les primaires ne débuteront pas avant dix semaines.

Le scrutin républicain en faveur de Giuliani afin de barrer la voie à Hillary Clinton est souvent présenté comme un vote purement pragmatique. Mais il semble que rares sont les électeurs à véritablement avoir connaissance de l’ensemble du programme avancé par le candidat en lice pour les primaires républicaines. Malgré la grande couverture médiatique de l’élection présidentielle américaine, Giuliani demeure dans la conscience collective un candidat unidimensionnel, figure lithographique d’une Amérique meurtrie en son cœur.

Si certaines voix lui faisaient dernièrement défaut et l’indiquaient à ce jour vaincu dans la course contre les démocrates, c’étaient notamment celles des conservateurs de la droite chrétienne, partisans du retour aux valeurs traditionnelles qui s’affirmaient résolus à fonder une nouveau parti si Giuliani, par deux fois divorcé et favorable à l’avortement, devait obtenir l’investiture républicaine. Un rejet de la frange la plus conservatrice du parti qui offrait au «Maire de l’Amérique» l’image d’un homme moderne et relativement proche des préoccupations quotidiennes de ses concitoyens, une perception qu’une grande partie de ses interventions médiatiques visait à conforter. Le récent ralliement de Pat Robertson, leader controversé de la Christian Coalition, à la campagne de Giuliani témoigne d’une double évolution dans chaque camp.

Premièrement, Giuliani semble prêt à offrir des concessions sur certains des sujets phares qui l’éliminaient de facto de la liste des présidentiables potentiels de l’électorat le plus conservateur. En insérant, dans son programme en 12 points, la réduction du nombre d’avortements pratiqués aux Etats-Unis et en discourrant devant un parterre d’ultra conservateurs lors de la conférence de la National Rifle Association (NRA) qu’il qualifiait il y a quelques années «d’extrémistes», il envoie un message fort à l’Amérique religieuse et crée un nouveau pont en direction des garants tutélaires du second amendement.

Dans un second temps, le revirement de la droite religieuse, qui se positionne désormais derrière des candidats républicains différents et abandonne toute idée de scission avec le GOP, met en avant les divisions et un certain délitement d’un mouvement dont la puissance fut à l’origine de la victoire de candidats républicains tels que Ronald Reagan ou G.W. Bush. Mais l’aspect le plus marquant du soutien de la Christian Coalition envers un candidat si éloigné de ses valeurs morales est davantage symptomatique du regain d’intérêt de la droite religieuse pour les questions de politique étrangère.

A l’heure où de grands dossiers tels que la nucléarisation de l’Iran demeurent en suspens, Rudolph Giuliani, dont l’équipe de campagne vient de requérir les services du néoconservateur Norman Podhoretz, demeure le candidat au franc parler le plus affranchi en termes de protection des intérêts américains. Un jusqu’auboutisme qui lui ouvre les portes des foyers de l’Amérique traditionnelle sans toutefois écorner à ce jour sa popularité dans les milieux plus libéraux.

Rompu à l’exercice politique, Giuliani a su jusqu’à présent détourner les critiques les plus acerbes, celles-là mêmes notamment des soldats du feu de New York qui l’accusent de tirer profit du 11 septembre en surestimant son rôle dans le sauvetage des victimes des tours jumelles. Les prochains mois pourraient déterminer si le mythe Giuliani saura résister aux coups de projecteurs médiatiques de la campagne et si l’Amérique modérée pourra encore se reconnaître dans cette seconde facette du candidat républicain.

Par Catherine Croisier, chercheur associée au Centre d’Etudes Transatlantiques


(Taken from
www.europeus.org)


   
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