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Croatie: quel sera le poids des jeunes dans les prochaines élections? Croatie: quel sera le poids des jeunes dans les prochaines élections?
by Newropeans-Magazine
2007-11-22 09:57:56
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La Croatie compte près de sept cent mille électeurs de moins de 30 ans. Quelle sera leur mobilisation et auront-ils un rôle décisif lors des élections législatives du 25 novembre prochain ? Pas nécessairement : au cours des dix-sept années de pluripartisme, les jeunes Croates ont voté massivement à deux reprises. En 1990, quand il fallait élire au pouvoir « l’option croate », et en 2000, quand il fallait assainir cette même option. Ainsi, les jeunes votent en grand nombre uniquement quand ils veulent des changements.

Peu de temps avant les élections, il semble que le vainqueur ne sera connu qu’au dernier moment. Les instituts de sondages tournent à plein régime, et les partis essayent désespérément de convaincre les derniers indécis parmi les électeurs, qui savent pour la plupart pour qui ils voteront le 25 novembre. Dans une compétition entre égaux (ce sont peut-être les premières vraies élections bipolaires depuis 1990), la minorité d’indécis pourrait décider du résultat. Deux cent quarante mille nouveaux électeurs âgés de 18 à 21 ans acquièrent le droit de vote cette année. Ils sont nés à l’aube de l’indépendance croate, sont entrés dans l’adolescence après Tudjman, et étaient encore mineurs aux dernières élections. En les ajoutant au presque demi-million d’électeurs âgés de 22 à 29 ans, nous obtenons une force respectable de plus de sept cent mille votants de moins de 30 ans (qui, à la différence des retraités, n’ont pas de parti politique propre). Cette force, nous l’appelons « les jeunes ». Elle représente vingt pour cent du corps électoral. S’il s’agissait d’un groupe politiquement homogène, il pourrait décider des choses.
Un groupe hétérogène

Du fait que des facteurs très variés, comme la famille, les amis, l’école et la religion, la lecture ou encore la musique, les ont influencés dans la formation de leurs opinions politiques, et cela dans des proportions très variables, les jeunes ne sont en aucun cas un groupe politiquement homogène. Cela est vrai également pour les sous-cultures jeunes, et même pour celles qui sont considérées comme des bastions d’une certaine idéologie. On présume habituellement que les punks et les raveurs votent pour le Parti social-démocrate (SDP), et les supporters de football pour la Communauté démocratique croate (HDZ), mais cela n’est pas non plus incontestable. Dans un sondage, effectué par l’auteur de cet article immédiatement après les élections de 2000 auprès de Torcida, le groupe de supporters du club splitois Hajduk, l’on constatait que les votes étaient équitablement répartis entre la coalition du centre-gauche de l’époque et le Parti croate du droit (HSP), tandis que le HDZ était loin derrière ces deux courants politiques. Même une fréquentation massive des concerts du chanteur controversé Thompson ne signifie pas que les jeunes voteront contre les « communistes », car dans des reportages journalistiques et les études scientifiques l’on trouve de plus en plus souvent ce type de réponse : « J’aime écouter Thompson, Hladno Pivo et Edo Maajka ». Il semblerait qu’une nouvelle génération est en train de naître, vidée de toute idéologie, peut-être même est-ce la première vraie génération « post-idéologique ». Ce n’est pas mauvais en soi, espérons seulement qu’elle ne s’est pas vidée de contenu tout court.

Selon une thèse répandue, un jeune de vingt ans doit nécessairement être de gauche, sinon il est considéré comme déjà corrompu (la thèse continue en disant qu’un quadragénaire normal, s’il est encore de gauche, doit sûrement être stupide). D’un autre côté, dans chaque renouveau nationaliste, « porté » le plus souvent par les partis de droite, ce sont justement les jeunes qui jouent un rôle important, car ils voient d’abord dans le nationalisme son côté romantique.

Les formules simples

C’est précisément ce qui s’est produit récemment en Slovénie, lors du premier tour des élections présidentielles. Les experts expliquent les choquants vingt pourcent de voix pour l’ultranationaliste Zmago Jelinčić par le fait qu’il a recueilli cinquante pour cent des voix des Slovènes de moins de 30 ans ayant voté. Tandis que les analystes slovènes estiment que les jeunes étaient séduits par « la détermination et la force des convictions » de Zmago Jelinčić, la sociologue croate Vlasta Ilisin, auteur du livre Les jeunes en marge de la société et de la politique, a une tout autre opinion :

« Les jeunes sont généralement moins intéressés par la politique, et ainsi plus facilement manipulés et attirés par des formules simplifiées, caractéristiques des partis et individus extrémistes, comme Zmago Jelinčić, dépourvus du sens de la nuance. En règle générale, les jeunes sont plus enclins à soutenir les options politiques radicales, tout autant à gauche qu’à droite. Ils votent également plus souvent que les personnes plus âgées pour les partis promouvant les valeurs libérales », dit Ilisin en continuant : « Les études montrent qu’en politique, les jeunes sont intéressés par deux choses : ils souhaitent l’égalité des chances dans l’enseignement et l’emploi, et être consultés lors de prises de décisions sur ces sujets. D’autres valeurs les intéressent moins, la politique et les politiciens en général les ennuient.

Les études menées dans les années 1990 ont relevé certaines constantes dans les préférences des jeunes pour certains partis. Il a été ainsi remarqué « un manque » constant de soutien au HDZ (sauf aux premières élections en 1990), une prédilection pour le Parti social-libéral croate (HSLS), surtout chez les étudiants, et dans une moindre mesure pour le HSP, surtout au début des années 1990. Par contre, le soutien des jeunes électeurs à l’égard du SDP a augmenté seulement à la fin des années 1990. Dans les autres partis, il n’y a pas d’écarts significatifs par rapport à la moyenne, sauf pour le Parti populaire croate (HNS), que les jeunes soutiennent très peu.

Une abstention massive

Avec le déclin des options libérales depuis l’an 2000, les jeunes se sont réorientés vers le SDP et le HNS (qui a repris une bonne partie des voix des jeunes qui allaient précédemment au HSLS), mais leur abstention massive aux élections de 2003 signifiait clairement ce que les jeunes pensaient de cette coalition SDP-HSN au pouvoir.

Vlasta Ilisin note dans son livre que les jeunes qui votent pour différents partis se distinguent également par les valeurs sociales qu’ils préfèrent. Les études indiquent que l’intégration européenne, le développement de l’entreprenariat et la cohabitation multiethnique sont d’une importance capitale pour les partisans du HNS. Ce dernier élément est également important pour les électeurs du HSLS, et très peu important pour les jeunes soutenant le HSP, pour qui la lutte contre le chômage et le renforcement de la puissance militaire et de l’ordre viennent à la première place. Les jeunes votants du HDZ, par contre, se préoccupent beaucoup moins des libertés et des droits individuels, ainsi que de l’intégration européenne

À quoi peut-on s’attendre cette fois-ci ? Les jeunes peuvent-ils peser sur le résultat des élections ? « À mon avis, les jeunes ne peuvent pas considérablement influencer le résultat, sauf dans le cas où ils voteraient majoritairement pour la même option, ce qui est très peu probable », affirme Vlasta Ilisin. Les récentes études ont montré que les convictions politiques des jeunes ne diffèrent pas considérablement de celles de leurs aînés. Les élections précédentes ont d’ailleurs montré qu’un changement d’opinion chez les jeunes ne constitue pas un signal pour les élections en cours mais plutôt pour les suivantes : ce que les jeunes expriment dans les sondages et lors des élections devient un sentiment général plusieurs années après, comme si les jeunes pressentaient en avance les changements.

L’expérience de l’an 2000

« Je pense que les jeunes peuvent influer sur ces élections, ce que montre l’expérience de l’année 2000, où les jeunes étaient très incités à se rendre aux urnes », affirme le sociologue Inge Tomić-Koludrović. « À l’époque, nous avons effectué des recherches auprès d’une population estudiantine et les résultats ont montré que les jeunes se sont abstenus pendant les années 90, à l’exception des premières élections en 1990, et qu’ils ont voté en 2000 car ils s’attendaient à ce que leur vote apporte des changements. Ce sont justement les jeunes qui ont joué un rôle clé en 2000, mais les changements les ont déçus et ils n’ont pas voté en 2003. Le vote massif des jeunes augmente toujours les chances de l’opposition, car les jeunes votent en grand nombre seulement s’ils veulent des changements. En effet, en dix-sept ans de pluripartisme croate, les jeunes se sont massivement rendus aux urnes seulement deux fois : en 1990, quand il fallait « éliminer les communistes » et élire au pouvoir « l’option croate », et en 2000, quand il fallait renverser « l’option croate » gangrenée et amener celle épurée. Dans les deux cas, les changements ont effectivement suivi, mais d’ailleurs seulement ces deux fois en 17 ans. »

Il paraît donc que notre jeunesse a l’habitude de voter en grand nombre seulement quand elle a le couteau sous la gorge, ce qui, jusqu’à présent, s’est produit tous les dix ans. Sans les jeunes, affirment les spécialistes, il n’y a pas de changements. Et eux écoutent indifféremment Marko Perković Thompson, Milo Kekin de Hladno Pivo et Edo Osmić Maajka, en ne se souciant le moins du monde d’entendre leurs aînés se plaindre que c’est peut-être cette maudite jeunesse qui décidera de nos quatre prochaines années.

Avec un joint vers les jeunes

« Que les politiciens avouent avoir fumé de l’herbe ou non, cela ne leur apportera pas des voix des jeunes, et ne leur en enlèvera pas non plus », affirme Vlasta Ilisin. « Nos études montrent que plus de la moitié des jeunes consomme du cannabis et qu’il leur est égal si Milanović fume ou Sanader ne fume pas. Je m’attendrais à ce qu’ils soient plus favorables à l’option qui soutient la dépénalisation des drogues légères, même si d’autres thèmes les guident également dans leur choix. »

Inge Tomić-Koludrović estime que l’opinion des politiciens envers les drogues légères peut être indicative pour connaître les voix des jeunes électeurs, sans pour autant tirer des conclusions définitives. « Selon nos études, deux type de jeunes dominent en Croatie, le type traditionnel et le type hédoniste. Même si nous présumons que le traditionaliste votera pour le HDZ et l’hédoniste pour le SDP, nous avons beaucoup de jeunes traditionalistes qui fument de la marijuana. Si quelqu’un avoue avoir déjà allumé un joint, il ne peut être certain que les jeunes qui le font lui donneront leur voix.»
Slobodna Dalmacija
Traduit par Ivana Germain - Courrier des Balkans


  
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Comments(1)
Get it off your chest
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Emanuel Paparella2007-11-22 10:58:39
Aristotle avait-il raison quand il a dit que la jeunesse est waisted sur les jeunes?


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