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Facebook, UMP & Politique Facebook, UMP & Politique
by Europe & Us
2007-10-24 00:10:36
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La scène se passe quelque part rue de La Boétie (génial auteur de la Servitude Volontaire). Un troufion stagiaire quelconque, jeune populaire, et Thierry S. Thierry S est quelqu'un de très important. En tout cas il s'en donne l'air. Il est secrétaire à la fédération numérique de l'UMP. Un enjeu majeur hors élections.

europeusTroufion: «Salut Thierry, comme j'avais rien à fiche ce matin, comme tous les jours d'ailleurs, je me suis créé un compte facebook, c'est trop bien, j'ai pu déjà y retrouver tous les autres stagiaires et assistants parlementaires de l'UMP avec qui je glande toute la journée!»

Thierry S: «Ah c'est bien ça, crois-tu que ça soit exploitable d'une quelconque façon?»

Troufion: «Boarf, je sais pas trop, c'est un site de réseaux sociaux ultra viral qui permet à n'importe qui d'envoyer des invitations à rejoindre des groupes de n'importe quoi. Tu me croiras si tu veux, mais Yves Jégo s'est déjà créé un compte Facebook. Et il a déjà plein de potes qu'il ne connaît même pas!»

Thierry S: (hmmm... Surtout ne pas montrer ma jubilation alors que je viens de trouver un moyen de me faire mousser en haut lieu à l'UMP sans bouger un poil de paume de main) «Ouais, une bonne récréation quoi.»

Troufion: «Bon, ben je vais déjeuner.»

Thierry S: «Tu me rapportes une pizza du coin? C'est l'UMP qui régale!»

Troufion: (qu'il est cool ce mec)

Bien sûr cette scène et ces personnages sont fictifs. Quiconque y verrait un quelconque rapport à la réalité serait un vrai paranoïaque.

Toutefois voilà, je suis utilisateur de facebook, et je trouve ça super parce que j'ai retrouvé des amis de longue date, des amis lointains, et que depuis Montréal je peux échanger beaucoup de choses avec eux. Grâce aux applications de facebook je remarque que la théorie du petit monde n'est pas du tout absurde. J'ai adhéré à des groupes sympathiques; «My friends are getting married, I'm just getting drunk», ou bien «J'ai un humour de merde et j'assume». Comme n'importe qui peut créer un groupe, on a pu en créer un de Sciences Po à Dijon, etc. Mais depuis quelques temps (depuis que je commence à accueillir des blogueurs parmi mes amis en fait), la politique a fait irruption dans cet espace de détente, et le marketing politique qui va avec aussi.

Revenons sur l'intérêt qu'il y a à créer un compte facebook pour un homme politique. Tout d'abord, ça fait jeune. Accessible. N'importe quel inconnu peut devenir le "facebook friend" de Bertrand Delanoe ou Yves Jégo. C'est ultra viral et fonctionne encore plus efficacement qu'internet: n'importe lequel de vos amis sur facebook peut vous inviter à rejoindre un groupe, participer à un événement, donner votre opinion sur quelque chose. Il est aisé de vous créer votre propre réseau social, et pour peu qu'il soit impressionnant, ça peut éventuellement inspirer le respect d'un ingénu.

Récapitulons: facile de créer un réseau social, moderne, jeune (peu d'utilisateurs de plus de 35 ans), viral, extrêmement rapide. Le terrain parfait pour l'exercie de la démagogie internet sous prétexte «d'aller chercher les électeurs où ils se trouvent».

Revenons à notre politique fiction.

La scène seconde se passe dans un bureau du 1er étage de la rue La Boétie (visionnaire auteur de la Servitude Volontaire, l'ai-je déjà dit?). Thierry S frappe prudemment à la porte de Nadine M, porte-parole du parti politique le plus moderne de France.

Thierry S: «Pardon de te déranger Nadine, voilà, j'ai planché super longtemps sur un projet internet génial, ultra viral, c'est complexe... théorie des réseaux sociaux, viralité du concept, construction d'un espace web UMP, cible jeune, travail de longue haleine mais nous y sommes presque. Nous pouvons dévoiler à la presse que l'UMP EST SUR FACEBOOK! Encore un coup d'avance sur ces crétins du MoDem et du PS!»

Nadine M: «Hum. Thierry, je ne vous tutoie pas. C'est très bien, quel est le nom du truc déjà? FaïceBouque? Intéressant. Puisque c'est votre dossier, présentons-le à la presse demain voulez-vous? ... Et cessez de manger devant moi c'est agaçant!»

Thierry S: «Dis, tu placeras un mot pour moi à qui vous-savez?»

Nadine M: «Bien sûr Thierry, bien sûr.» (quelle engeance ce type, à quoi sert-il?!)

Pour vous dire toute la vérité, cela prend environ 3 secondes de créer un compte Facebook, à peu près 4 jours de retrouver les blogueurs et autres types de l'UMP habituels, et environ 1 minute pour créer un groupe "fédération numérique de l'UMP". A peu près 2 jours pour rameuter les militants et blogueurs UMP de facebook qui, comme leur statut l'indique (militant jeune et blogueur) passent leurs journées sur internet et sur le site de facebook.

Depuis quelques temps, je vois donc les groupes de soutien et autres intoxications auto-publicitaires éclorent sur facebook. Si ce n'était que ça. On m'y invite: "eh, Pierre, toi qui blogues, tu devrais adhérer au groupe de soutien à machin qui compte se présenter dans le trou du cul de la France!".

Cela m'agresse et c'est très désagréable. Des jeunes populaires (et autres militants, soyons juste) croisés au hasard d'une réunion de blogueurs UMP veulent grossir leur réseau social et m'ajoutent. Cela m'agace, je dois refuser.

«La Servitude Volontaire» d'accord. Mais là je n'ai rien choisi. Et cette stratégie marketing agressive et proprement virale a le don de passer à un autre genre de servitude. Elle ennuie tous ceux qui se fichent éperdument de «machin qui compte se présenter dans la ville de Chose sur Oise». En plus qu'il n'a d'ailleurs aucune influence ni écho qui dépasse les frontières d'un réseau social naturellement constitué: le milieu des militants partisans (de partis politiques, pas de causes plus universelles type Europe ou Droits du Bonze Birman) est très restreint.

Et ce qui m'agace le plus, c'est que sur cette énorme intox, les Thierry S du monde entier puissent faire croire qu'ils servent à quelque chose. Et sans vergogne aucune continuer leur marketing politique à la petite semaine. Le tout de façon d'ailleurs très maladroite, avec effet vitrine mais pas de fond ni aucun concept pour matérialiser ce «militantisme en ligne». J'aimerais bien trouver une statistique sur le taux de fréquentation des groupes auxquels les utilisateurs de facebook ont adhéré. Il doit être bas.

Il me semble que ce coup de gueule est un poil violent. Mais je crois qu'on a souvent du mal à différencier ce qui relève de l'intox et ce qui relève du vrai travail. Surtout quand comme Mme Nadine M on a beaucoup à faire et qu'on se fiche totalement de la "fédération numérique de l'UMP". Pour l'instant le concept est fumeux et n'importe quel troufion pourrait se charger de s'en occuper.

A voir les noms des créateurs de ces divers groupes, c'est d'ailleurs le cas.

Pierre Catalan est étudiant à l'IEP de Paris, et actuellement rattaché à l'Université de Montréal

(Taken from
www.europeus.org)


   
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