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Louis Michel ou l'aveuglement Francophone Louis Michel ou l'aveuglement Francophone
by Europe & Us
2007-09-21 10:02:05
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Lundi, coup de téléphone : le porte-parole de Louis Michel, le commissaire européen chargé du développement, m’annonce que son patron veut me rencontrer dans l’après-midi avec «quelques journalistes français» pour parler de la situation en Belgique.

europeusCar Louis Michel est une éminence politique dans le Royaume : ancien ministre des Affaires étrangères de Guy Verhofstadt, ce libéral du MR francophone (dirigé par Didier Reynders, l’actuel ministre des Finances), est devenu commissaire en 2004. Mais cet «éloignement» tout relatif de la scène politique locale lui pèse : il s’est d’ailleurs mis en congé de la Commission pour se présenter à l’élection législative du 10 juin, en dernière place, juste pour le bonheur de faire une campagne électorale. Et, pas peu fier, il a obtenu 232.000 voix de préférence, ce qui fait de lui l’homme politique le plus populaire de la «francophonie belge». Il aurait bien aidé à la formation du nouveau gouvernement, mais José Manuel Durao Barroso, le président de la Commission, a mis son veto à l’opération.


Je me suis donc retrouvé dans son bureau en compagnie de Jean-Pierre Stroobants, le journaliste du Monde chargé de suivre la Belgique (et lui-même Belge pur jus). Le message peut être résumé en une phrase : la presse internationale est beaucoup trop catastrophiste et concourt ainsi à alimenter la crise belge. «Il y a un excès de catastrophisme dans les journaux étrangers et cela a un effet rebond chez nous. Quand les Belges lisent ça, ça en rajoute une couche». Pour lui, la crise gouvernementale actuelle ne sort pas de l’ordinaire communautaire: «les Flamands ne veulent pas couper le pays en deux et cela est une tendance lourde», affirme-t-il.

Mais, reconnaît-il, il y aussi une très forte lassitude de «l’État PS», de son immobilisme et de son cortège de scandale en Wallonie. «Le CN&V/N-VA a fondé sa campagne sur un vote anti-socialiste et surtout anti-socialiste francophone. L’anti-socialisme a été plus rentable que le nationalisme en Flandre. Le nord du pays n’a pas voté flamand», assène-t-il. Il faut donc changer la gouvernance au sud : «Le programme du MR –qui est désormais le premier parti francophone, ndlr — va dans leur sens, ça devrait les rassurer». Problème: la région wallone est toujours gouvernée par le PS... En outre, «même si je reconnais qu’il y a un semblant de radicalisation en Flandre, la manière abrupte de dire “non” a eu un effet de cristallisation». En clair, c’est Joëlle Milquet, la patronne du CDH, qui a refusé le confédéralisme exigé par le CD&V/N-VA qui serait en partie responsable de la crise. Elle appréciera cette solidarité francophone...

Louis Michel reconnaît cependant qu’il y a un problème inédit : «les chrétiens-démocrates du CD&V se sont associés à un parti qui n’est pas seulement nationaliste, mais qui prône la fin de la Belgique», en l’occurrence le N-VA. «Le CD&V/N-VA, ça n’est pas un parti, c’est un cartel. Mais c’est seulement grâce à cette alliance qu’ils sont le premier parti à la chambre des députés. Sinon, si le N-VA s’en va, le premier parti est le MR» ! Bref, le CD&V ne peut pas faire trop de concessions sinon il risque d’en payer le prix par un éclatement du cartel, ce qui complique la sortie de crise… «Mais, dans ce cas, les Flamands seraient prêts à accepter un Premier ministre francophone, j’en suis sûr», affirme-t-il en pensant à Didier Reynders, le patron du MR. De toute façon, «on ne peut pas accepter éternellement que le CD&V ait la main». De l’art de prendre ses rêves pour des réalités.

Tous les partis flamands ne sont pas sur la longueur d’onde du CD&V/N-VA, affirme-t-il : «par exemple, les libéraux du VLD n’ont pas le même caractère outrancier. La plupart des partis flamands comprennent qu’il faut faire des compromis». Faute d’une majorité des deux tiers disponible pour une réforme institutionnelle d’ampleur, il considère que la seule solution possible est de mettre au frigo le gros des questions communautaires. L’accord est, selon lui, inéluctable : «à un moment donné, les partis qui empêchent la formation d’un gouvernement vont perdre. Le CD&V doit s’assouplir et prendre ses responsabilités : c’est le parti qui a le Premier ministre qui doit faire des concessions». Le MR de Louis Michel est prêt à prendre la suite si nécessaire…

Ce refus de voir l’ampleur de la crise que traverse la Belgique est typique d’une bonne partie du monde politique francophone qui ne s’est jamais vraiment remise de la fin de la Belgique unitaire de papa. Comme l’éclatement de la Belgique est pour eux impensable, elle ne peut donc pas être pensée et encore moins dite. Le problème est que depuis cinquante ans, les revendications flamandes ont peu à peu vidé l’État fédéral de sa substance, certes avec l’accord des francophones qui y ont jusqu’à présent trouvé leur compte. Désormais, on est à l’os, d’où le refus de Joëlle Milquet d’aller plus loin, un refus qui porte en lui la scission du pays comme le montrent les sondages. Comme l’a fait remarquer mon collègue du Monde à Louis Michel, les Belges jouent avec de la dynamite et sont surpris lorsque la presse internationale explique que ça peut être dangereux. Décidément, un entretien totalement surréaliste.
Jean Quatremer est journaliste

(Taken from
www.europeus.org)

   
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Comments(1)
Get it off your chest
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Emanuel Paparella2007-09-21 11:39:19
Surrealistic indeed, given that Belgium hosts the headquarters of the EU. A new Europe in search of its soul?


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