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Lennon, Chirac et Nous Lennon, Chirac et Nous
by Europe & Us
2007-03-13 10:15:26
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Imaginez un monde où l’on ne vous parlerait pas d’obtention de 500 signatures. Simplement parce que nulle barrière de ce type n’aurait été mise en place pour réduire le champ démocratique. Un Etat où peu importerait qui a donné ou non cette même signature. Comprendre un pays où l’on ne menacerait pas de délation un élu ayant jugé bon d’accorder son paraphe à un candidat extrémiste. Non pas parce qu’il en partagerait les idées mais parce qu’il estimerait qu’il appartient aux électeurs, et à eux seuls, de décider si telle ou telle personne est digne de se soumettre au suffrage universel direct. «Suffrage universel direct» : dommage que cette expression ait, dans la pratique, tant perdu de son sens.

europeusImaginez aussi un pays où l’on ne ferait pas du pléonasme «débat participatif» un argument électoral majeur, sinon unique. Où l’on ne promettrait pas non plus l’instauration d’un ministère de l’immigration et de l’identité nationale. Son initiateur peut tourner la chose dans le sens qu’il veut, le terme fait froid dans le dos, a des relents de déjà (trop) vu. Alors peut-être en changera-t-il l’intitulé. Ce ne serait d’ailleurs pas la première fois. Mais l’esprit restera. Et c’est bien là tout le problème.

Imaginez un pays où le terme «réciprocité» ne serait pas utilisé aux seules fins de promouvoir une interdiction. Celle du droit de vote de certaines populations. Absurde ? La réciprocité de droit de vote implique que le même type de consultation électorale existe dans deux pays. Qu’à une élection municipale dans l’Etat 1 corresponde une élection municipale dans l’Etat 2. La chose ne pose aucune difficulté entre la France et l’Australie, les Etats-Unis, le Canada, le Maroc, voire la Turquie. Mais quid de certains pays d’Afrique noire où, par endroits, la culture n’est pas celle du maire mais du chef du village, sinon du marabout ? La réciprocité a bon dos et peut empêcher bien des choses. Etonnez-vous alors que le candidat Sarkozy insiste tant sur l’importance du terme…

Imaginez, enfin, un pays où grands partis politiques et médias ne se seraient pas entendus pour nous vendre un second tour dont il est à prévoir – et c’est tant mieux si cela se produit - que les électeurs le rejetteront au final. Imaginez, toujours ce même pays, où la proportionnelle verrait enfin le jour, histoire que les électeurs se voient enfin représentées dans leurs différentes composantes. Une petite révolution que le parti socialiste ne manque jamais de soutenir mais ne met jamais en œuvre… Une petite révolution que l’UMP pousse du bout des lèvres pour peu qu’elle ne concerne que les élections sénatoriales : forcément, vu que l’on est déjà entre gens bien pensants…

Ce pays, s’il existait serait sans doute, à peu de choses près, un mélange de ce que l’Europe a su produire de meilleur. De la représentativité, de la cohésion nationale, de la citoyenneté effective. De l’innovation, de l’anticipation, des efforts de recherche dans les secteurs du développement durable. De la politique de co-développement efficiente. Une politique qui voudrait, pour reprendre un proverbe que les Chinois ne lui appliquent pas eux-mêmes, qu’on ne se contente plus de donner de temps en temps un poisson à l’Afrique mais qu’on lui apprenne véritablement à pêcher, sans chercher, en contrepartie, à la piller.

Le souci avec l’imagination est que certains aiment bien lui mettre des limites. Que, sur le fond, pas grand-chose ne change. Le problème reste immuable, tels des slogans inaudibles mais particulièrement bien enracinés dans la conscience politique : «oui à la démocratie», pour peu qu’elle ne compromette pas notre système de castes ; «oui au développement durable», pour peu qu’il ne remette pas en cause des choix énergétiques intenables dans le temps ; «oui au co-développement gagnant-gagnant» pour peu qu’on en retire – seul - tous les fruits ; «oui, aussi, à la grandeur de l’Europe», pour peu qu’Europe rime avec France et non – ô grands dieux – avec 26 autres Etats membres. Mai 2007 pourrait-il changer tout cela ? Remettre en cause tous ces faux-semblants ? Imaginez. Pas tant parce que cela se réalisera dans les mois à venir, mais parce que cela aurait un minimum d’allure, même si, c’est vrai, pour l’instant cela reste de l’ordre du vœu pieux. En même temps, Chirac a bien annoncé dimanche soir sa retraite élyséenne. Comme quoi, rien n’est vraiment impossible.

Christophe Nonnenmacher est journaliste

(Taken from
www.europeus.org)


   
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