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La Crise climatique au secours de Bush La Crise climatique au secours de Bush
by Newropeans-Magazine
2007-01-27 10:10:26
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Le Président George Bush s’est pour la deuxième fois adressé à la nation américaine. On savait que son discours portait sur les affaires intérieures, et il n'a donc soulevé que très peu d’attention de par le microcosme européen…

De toute façon en Europe nous savions déjà ce que nous voulions savoir : sa position sur l’Irak version 2 ou 3 ou autre, tout dans la continuité des précédentes, et sa politique intérieure après tout ne nous concerne pas. Et pourtant ce discours à la nation, même s’il ne révèle effectivement rien d’innovant, ni de réformateur, est une mine d’enseignements sur l’état de la nation américaine.

De premier abord, ce discours ne semble absolument pas avoir été préparé pour la Nation. D’ailleurs que connaît Bush de la nation américaine ? En complet décalage avec ses citoyens, Bush ne représente dans les sondages même plus un tiers des citoyens, et ce n’est pas seulement sur les questions irakiennes que se creuse le fossé du désaccord. Ce discours ne pouvait donc pas s’adresser à un vide politique citoyen, il avait été adressé pour calmer les voix de plus en plus dissidentes, même au sein de sa propre formation politique. Ce qui est à retenir, c’est d’avantage l’engagement de ne pas faire peser sur l’enveloppe budgétaire les nouvelles mesures prévues en matière de santé, d’immigration… L’augmentation budgétaire sera uniquement affectée par celle des dépenses du budget de la Défense. Les investissements en matière de politique intérieure seront basés sur une répartition des fonds privés et de nouvelles mesures d’incitation fiscale auprès des citoyens. Bush l’avait promis, les chambres n’auront pas à voter de nouvelles ponctions sur le budget. Les nouvelles ponctions vont peser non pas sur l’état mais sur la nation. Et ainsi le citoyen américain appelé dans le précédent discours à fournir encore d’avantage de « chair à canons » pour le bourbier irakien, va être aussi tenu de payer pour que le gouvernement puisse continuer à gérer la nation. Et de faire des efforts!

Car l’autre volet de son discours, sur le réchauffement climatique et sa soudaine prise de conscience de la nécessité d’intervenir dans ce domaine, il n’y a que l’Union européenne pour avoir applaudi et accueilli cette mesure avec des qualificatifs grandiloquents, pas le citoyen américain.

D’une part l’Etat ne s’engage en rien dans cette déclaration, mais c’est encore une fois sur les citoyens américains et leur sens de l’éco-civilité que repose l’entière disposition.

Et d’autre part, la majorité des états, à l’exemple de la Californie de Schwarzenegger, n’ont pas attendu que le Président se prononce sur le sujet et ont fait « sécession » de l’état américain pour s’engager dans le protocole de Kyoto. A ce stade il serait d’ailleurs intéressant de se demander s’il est plus important que ce soit les Etats-Unis qui signent le protocole en la personne de leur Président, ou bien les états qui s’engagent à respecter et mettre en œuvre le protocole – quelle serait la meilleure efficacité et garantie ?

Mais, heureusement, en Europe des voix se sont élevées pour soutenir George Bush dans cette avancée spectaculaire, de la part de ses amis allemands, sans doute même en France voudra-t-on apprécier l’effort que Bush concède dans la lutte pour la protection de l’environnement… Ni Royal, ni Sarkozy, ne pourraient renier la tentative démagogique. La première ayant annoncé sans ambages adopter en son entier le pacte de Nicolas Hulot, le voici après avoir été promu présidentiable, promu ministrable…

L’écologie, le réchauffement climatique… C’est ce qui semble être le dossier-secours de tout politicien ou de toute institution en mal de légitimité politique et citoyenne… Le premier à avoir initié cette démarche est Tony Blair, qui, avait été qualifié de champion de la lutte contre le réchauffement climatique par Clinton (l’autre champion en ce domaine…) et s’était vu remettre par ses amis américains, au moment où il avait été contraint d’annoncer son intention de quitter dans le futur le gouvernement britannique je ne sais plus quel « award » fin 2006. Un prix de consolation sans doute à défaut de s’être vu attribuer d’autres réussites politiques… Est-ce pour ses bons et loyaux services dans le ratissage de l’Irak ? Dans la modernisation et la réorganisation de ses structures industrielles pétrolifères ? Ou encore pour son opération mains-propres dans le monde du secret-défense et de l’armement ? C’était quand même fort ! Mais même dans le milieu des écologistes de tous poils on ne s’en était pas offensé outre mesure…

S’est également attelée à ce dossier, comme à une roue de secours, la Commission européenne, ou du moins son Président Barroso (le chevalier vert) persuadé que cette politique sera celle qui sauvera son institution de son naufrage démocratique (car qui dit protection de l’environnement, dit règlementations, dit normes communautaires), mais très certainement aussi en pendant à sa politique de l'énergie, certainement moins renouvelable, et plus particulièrement pour faire passer la pilule du renouveau tout nucléaire… A ce sujet je renvois nos lecteurs à l’excellent article de De Defensa : La Commission, son agonie et la crise climatique: « L’une des formules choisies par la présidence (Barroso) pour tenter de bloquer cette évolution, voire de la renverser, consiste à ouvrir l’énorme dossier de la crise climatique — pour affirmer, paradoxe extraordinaire, que seule l’ouverture des marchés et l’hyper-libéralisme permettent de lutter contre elle, — donc, CQFD, que la Commission reste indispensable... »

Aujourd'hui c'est la thématique de prédilection des politiques démago en campagne pour venir remplir le vide de leur programme. Tristement ce n'est même pas l'arbre qui cache la forêt... Et çà aussi Bush vient de le comprendre.

Enfin dernier élément sous-jacent, en mettant en avant ce nouvel objectif politique George Bush s’économise un discours sur la crise de l’énergie. Le réchauffement climatique a bon dos pour faire passer la pilule de la crise et de la nécessité d’abandonner le confort du tout électrique et du tout climatisé, des belles et grosses limousines pour intégrer les petites économiques. On ne peut pas leur dire que le prix du pétrole continue à être artificiellement maintenu, et pourquoi toutes ces tractations en Irak, ses tentatives de faire passer des lois sur les dénationalisations des exploitations pétrolières, quels sont les véritables enjeux de la guerre au Moyen et Proche Orient ? Irak ? Iran ? sûrement pas la démocratie, sûrement pas le bien être des populations, sûrement pas la bataille de l’écologie… les derniers démêlés entre les Etats-Unis et le Canada sur le terres du Nord ? l’ouverture par le Chili de la Terre de Feu et ses quelques milliers d’hectares de sites naturels à la recherche et l’exploitation pétrolifère ?...

Je vous le disais ce discours ne s’adressait pas aux citoyens américains, ni à vous d'ailleurs, amis de la protection de l'environnement et de la lutte contre le réchauffement climatique, cette réalité là mérite un tout autre traitement.

Marianne Ranke-Cormier
Paris-Arriach (France-Autriche)


  
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